• Contrainte : dépression, alcoolique, désillusion,

    oubli, médiation, perte, licorne, douleur, Murphy. 

     

    La voilà devant les mots du jour, quelque peu dubitative ... 

    Oui elle en aurait encore des maux à confier ... 

    Son beau-père alcoolique, 

    La dépression qui pointe le bout de son nez, parfois,

    La douleur de voir partir les personnes auxquelles elle s’attache, l’oubli ...

    La perte de son père, 

    Les désillusions d’adulte,

    Les séances de médiation avec son ex mari, inutiles, 

    La dure loi de Murphy ...

    Alors qu’elle ne rêvait, enfant, que de pays d’arc-en-ciel, de champs de pâquerettes, de licornes ailées qui volettent, de mots doux ... 

    Aujourd’hui son esprit est ailleurs, divaguant ...

    Embrasse moi, embrasse moi encore ! 

    Mêle ta langue à la mienne, 

    Caresse moi, joins tes mains aux miennes,

    Couvre moi de baisers, 

    Jouissons ensemble, 

    Embrasons nous, 

    Ta bouche part explorer mon corps, ivre, humide, désirant,

    Ta bouche avide, impatiente, croqueuse ... 

    Enivrons-nous l’un de l’autre 

    Ne pensons pas à demain ...

    Voilà ce matin là, où son esprit l’emmenait. 

     

    Dorothée (05.05.2018)


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    Contrainte : beauté, délectation, embrasement, émoi, enchaînement, mélancolie, nu, premier, tendresse.

     

     

     

    Le garçon arriva le premier au rendez-vous. Rendez-vous fixé dans la maison abandonnée, là-haut sur la dune, à l'écart de la grande plage. L'air était doux, une légère brise régnait. Il arrangea nonchalamment les coussins sur le canapé, mit la bouteille de Bourgogne Aligoté dans le réfrigérateur. Puis se dévêtit, car c'était bien nu qu'il se sentait le plus à l'aise, défait du superflu. Son esprit se mit à divaguer avec délectation … il aperçut Tess dans ses songes, tellement de temps qu'ils ne s'étaient vus maintenant, trop ! Il avait une telle tendresse pour elle, pour leurs souvenirs de jeunes gens … Tess son premier amour, Tess sa beauté, Tess sa confidente … Il s'assoupit, perdu dans ses songes doux et chauds.

     

    Tess n'était pas très loin, quelque part dans le jardin, elle errait à la recherche de souvenirs, empreinte de douce mélancolie. Elle mourait d'envie de le revoir, son émoi était vif, son cœur palpitant … Elle n'osait pénétrer dans la maison, à peine éclairée à la tombée du soir, quelques bougies tout au plus.

     

    Enfin elle se décida, elle entra. A sa vue, alangui sur le canapé, somnolant, nu, son corps fut saisi d'un embrasement incontrôlable, un ras-de-marée s'empara d'elle ! Elle ressentit un violent désir, qui la poussa à s'approcher sans tarder, à le caresser, sans le réveiller, à le couvrir de baisers tendres et doux. Il s'éveilla, Tess était là, tel son souvenir, rayonnante, vibrante !

     

    L'enchaînement logique de ces retrouvailles chaleureuses ne tarda pas … elle et lui, nus, se redécouvrant, s'embrassant, se caressant … une longue soirée commença.

     

     

     

    Dorothée (02.05.2018)

     


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  • Mes premiers oulimots ... Merci Pop !

    Réunis ... 

     

    Voilà, je vais me marier, oui, aujourd’hui je me marie ! Mais pas avec l’homme que j’aime, celui qui me rend folle, qui occupe toutes mes pensées ! Celui-là même sur la photo, ce bel homme de 15 ans mon aîné, avec qui j’ai tant aimé faire l’amour. Qui m’a fait un enfant, aussi. Un « accident de parcours » a t’il dit. Lui, le bellâtre marié, père de famille, et ses amantes ... l’ami de la famille. 

    Ma mère l’a choisi comme témoin du mariage, je n’ai pas su dire non ... lui non plus. Surtout bien cacher les secrets, paraître, faire semblant, souffrir ... Cela juste après avoir trouvé un père pour mon enfant. Ce jeune homme effacé, assis près de moi, qui va devenir mon époux. Qui est devenu le père de ma fille. Et qui sera le père de mes deux autres filles. Et que je n’aime pas. Que je n’aimerai jamais. 

    C’est lui que je désire, je suis en colère, je lui en veux, je l’idolâtre et le déteste en même temps de me faire vivre ça ! 

    À quoi peut-il donc penser, assis là, le regard fuyant, quelques minutes avant la cérémonie ... ? 

     

    Dorothée (30.04.2018)

     

    Photo : Bratsk, Siberia 1967, Elliott Erwitt.

     


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    C’est quelques années plus tard que je reviens sur mon texte du 27 juillet 2014 ... les années ont passé, les choses ont changé. Je suis revenue vers ma mère ... mais ce fut long. 

    Après l’écriture de cette lettre je ressentais beaucoup de colère ! J’étais enragée au fond de moi, j’avais beaucoup de larmes en suspens. Puis, plus tard, des mois plus tard, je me suis posé la vraie question : qu’est ce que je voulais, au plus profond de moi ? 

    Je savais. Je voulais la paix, plus de rancunes, ne plus rester prisonnière de ce lourd et pesant passé. Alors j’ai repris les choses en main, je suis allée faire une séance d’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) chez une hypnothérapeute. Ce fut long et douloureux ... j’en fus même malade quelques jours. 

    La thérapeute a terminé la séance en me disant que j’étais libre de choisir, que je ne devais rien à mes parents, moi qui me suis toujours débrouillée toute seule, mais que si leur pardonner m’apaisait, je le pouvais aussi. 

    Entre temps j’avais eu beaucoup d’échanges de sms avec mon beau-père. Car je n’ai pas été capable d’aborder le sujet de vive voix (je n’en suis toujours pas capable !). Il a reconnu ce qu’il m’avait fait, tout. Et il s’est excusé. Il s’est excusé bordel ! Car dans le fond c’était bien là tout ce que je lui demandai, de reconnaître ses actes et de s’excuser. 

    Je lui ai pardonné ... et ça m’a soulagée. J’ai, curieusement, toujours quelque rancune contre ma mère, qui n’a pas joué son rôle de mère. 

    Mais nous nous revoyons. Je suis plus apaisée, elle essaie de faire des efforts, mais n’y parvient pas toujours. Lui se fait vieillissant (81 ans), moins actif, malade, ça le tracasse. Et moi j’ai de l’empathie pour lui, je me reconnais bien là !

    Je suis contente aujourd’hui d’avoir écrit ce texte. D’avoir pardonné. L’âme en paix. 

    Car le pardon est possible. 

     

    Dorothée (02.03.2018) 

     
     
    P.S : je ne signerai plus Madame Rêve, elle appartient au passé ... 
     

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    Mais où va le monde ? 

    Pourquoi des fois je me demande si les filles et les garçons si cruels 
    Où sont mes vrais amis ? 
    Pourquoi je me méfie ? 
    Qu'a-t-on pu bien faire de tous ces sacrifices ? 
    Oui, personne n'est fidèle, mais pourtant la vie doit rester toujours belle 
    Et peu importe si l'Homme reste si cruel avec ceux qu'il aime 
    Il faut sans doute pardonner, mettre son ego de côté 
    Pourquoi tout le monde se ment et se trompe jusqu'à se traîner dans la misère la plus totale ? 
    Donner ma confiance et mon cœur 
    Pourquoi ça me fait si peur ? 
    Est-ce bien normal ? 
    Non, ce n'est pas normal 

    Et moi 
    Je ne veux plus être la bonne poire 
    Je ne veux plus gâcher ma vie avec des histoires 
    Qui finissent toujours en larmes ou en cauchemars 
    Je ne veux plus broyer du noir 

    Je n'ai plus d'estime pour moi 
    Je n'ai plus d'estime pour toi 
    Tant pis pour ça 
    Tant pis pour ça 
    Je continue mon chemin 
    Tu es déjà très, très loin 
    Très loin derrière moi 
    Très loin derrière moi 
    Oui, c'était une belle histoire 
    Pour finalement taire mon regard foudroyé, sans me retourner 
    Je pars comme je suis venu, encore plus déçu

    Et le pire dans tout ça c'est que je reste un inconnu pour toi 

    Par pitié, arrêtez de me planter des couteaux dans le dos 
    Ou mon corps va finir par devenir un filet de cicatrices qui ne retiendra en moi, que les mauvais côtés de toi 
    Désormais, je n'en peux plus 
    Je veux partir très, très loin 
    Je pleure et je renifle 
    C'est la larme de trop qui fait déborder mes yeux et m'a rendu malheureux 
    Mais où va le monde ? 
    Où va le monde ? 

    Mais où va le monde ? 
    Pourquoi chaque fois que je veux bien faire, les choses virent toujours de travers 
    Pourquoi les gens se mentent ? 
    Pourquoi les gens se trompent ? 
    Est-ce que toi aussi, des fois, tu te demandes pourquoi la vie est si compliquée 
    Surtout quand deux personnes s'aiment et qu'ils semblent être bien ensemble, ça paraît si facile 
    Alors, comment ça se fait qu'à chaque fois, ça finit en pleurs 
    Je n'en peux plus des histoires futiles 
    Je n'en peux plus de tous ces bourreaux 
    Et de toutes ces victimes 
    L'homme se contredit à longueur de journée 
    Il ne sait pas ce qu'il veut et c'est pour ça qu'on se fait du mal 
    Est-ce bien normal ? 
    Il y a des questions ou je sais que je ne trouverai jamais la réponse 
    Il y a des choses auxquelles on ne peut rien faire 
    Il faut sans doute s'en moquer et passer à travers 

    Mais moi 
    Je ne serai plus la bonne poire 
    Je ne veux plus gâcher ma vie avec des histoires 
    Qui finissent toujours en drames ou en cauchemars 
    Je ne veux plus broyer du noir

    La Femme 

    (09.07.2016)


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