• Contrainte : Parapluie, Escargot, Baragouiner, Magnétoscope, Militant, Lolita, Sérendipité, Multipass,
    Cadrage.

    Partie pour une balade dans son village natal, elle se retrouva nez à nez avec des militants qui œuvraient pour la cause des escargots. Elle qui pensait passer un après-midi tranquille, au parc, à relire Lolita, au calme, se retrouva embringuer dans ce mouvement joyeux ! Vive la sérendipité ! Mais le cadrage de cette manifestation était, au demeurant, plus ou moins flou, et assez bordélique.
    Hélas l’orage grondait, la pluie s’invita, les escargots aussi. Et, bien évidemment, elle n’avait pas pris son parapluie, vu le soleil radieux qui illuminait le ciel quand elle était partie de la maison.
    À regret elle quitta la joyeuse troupe, et rentra à la maison, trempée ! Mais gaie, tellement gaie de ce changement de programme !
    Après une bonne douche bien chaude, elle se vêtit uniquement d’un peignoir moelleux et chaud, et se mit en tête de regarder un film sur le magnétoscope, seul survivant « moderne » de cette vieille bâtisse délaissée.
    Elle tomba alors sur la cassette de ce film de Besson de 1997, Le Cinquième Élément, qu’elle avait tellement aimé à sa sortie. Elle se remémora Leeloo et l’entendit baragouiner « multipass, multipass », du sexy Korben Dallas, du drôlesque Ruby, de la cantatrice bleue ... tant de personnages attachants !
    Et c’est dans un plaisir non dissimulé qu’elle s’allongea sur le canapé, pour passer une délicieuse soirée en bonne compagnie.

    Dorothée (07.05.2018)


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  • Contrainte : dépression, alcoolique, désillusion,

    oubli, médiation, perte, licorne, douleur, Murphy. 

     

    La voilà devant les mots du jour, quelque peu dubitative ... 

    Oui elle en aurait encore des maux à confier ... 

    Son beau-père alcoolique, 

    La dépression qui pointe le bout de son nez, parfois,

    La douleur de voir partir les personnes auxquelles elle s’attache, l’oubli ...

    La perte de son père, 

    Les désillusions d’adulte,

    Les séances de médiation avec son ex mari, inutiles, 

    La dure loi de Murphy ...

    Alors qu’elle ne rêvait, enfant, que de pays d’arc-en-ciel, de champs de pâquerettes, de licornes ailées qui volettent, de mots doux ... 

    Aujourd’hui son esprit est ailleurs, divaguant ...

    Embrasse moi, embrasse moi encore ! 

    Mêle ta langue à la mienne, 

    Caresse moi, joins tes mains aux miennes,

    Couvre moi de baisers, 

    Jouissons ensemble, 

    Embrasons nous, 

    Ta bouche part explorer mon corps, ivre, humide, désirant,

    Ta bouche avide, impatiente, croqueuse ... 

    Enivrons-nous l’un de l’autre 

    Ne pensons pas à demain ...

    Voilà ce matin là, où son esprit l’emmenait. 

     

    Dorothée (05.05.2018)


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  •  

    Contrainte : beauté, délectation, embrasement, émoi, enchaînement, mélancolie, nu, premier, tendresse.

     

     

     

    Le garçon arriva le premier au rendez-vous. Rendez-vous fixé dans la maison abandonnée, là-haut sur la dune, à l'écart de la grande plage. L'air était doux, une légère brise régnait. Il arrangea nonchalamment les coussins sur le canapé, mit la bouteille de Bourgogne Aligoté dans le réfrigérateur. Puis se dévêtit, car c'était bien nu qu'il se sentait le plus à l'aise, défait du superflu. Son esprit se mit à divaguer avec délectation … il aperçut Tess dans ses songes, tellement de temps qu'ils ne s'étaient vus maintenant, trop ! Il avait une telle tendresse pour elle, pour leurs souvenirs de jeunes gens … Tess son premier amour, Tess sa beauté, Tess sa confidente … Il s'assoupit, perdu dans ses songes doux et chauds.

     

    Tess n'était pas très loin, quelque part dans le jardin, elle errait à la recherche de souvenirs, empreinte de douce mélancolie. Elle mourait d'envie de le revoir, son émoi était vif, son cœur palpitant … Elle n'osait pénétrer dans la maison, à peine éclairée à la tombée du soir, quelques bougies tout au plus.

     

    Enfin elle se décida, elle entra. A sa vue, alangui sur le canapé, somnolant, nu, son corps fut saisi d'un embrasement incontrôlable, un ras-de-marée s'empara d'elle ! Elle ressentit un violent désir, qui la poussa à s'approcher sans tarder, à le caresser, sans le réveiller, à le couvrir de baisers tendres et doux. Il s'éveilla, Tess était là, tel son souvenir, rayonnante, vibrante !

     

    L'enchaînement logique de ces retrouvailles chaleureuses ne tarda pas … elle et lui, nus, se redécouvrant, s'embrassant, se caressant … une longue soirée commença.

     

     

     

    Dorothée (02.05.2018)

     


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  • Mes premiers oulimots ... Merci Pop !

    Réunis ... 

     

    Voilà, je vais me marier, oui, aujourd’hui je me marie ! Mais pas avec l’homme que j’aime, celui qui me rend folle, qui occupe toutes mes pensées ! Celui-là même sur la photo, ce bel homme de 15 ans mon aîné, avec qui j’ai tant aimé faire l’amour. Qui m’a fait un enfant, aussi. Un « accident de parcours » a t’il dit. Lui, le bellâtre marié, père de famille, et ses amantes ... l’ami de la famille. 

    Ma mère l’a choisi comme témoin du mariage, je n’ai pas su dire non ... lui non plus. Surtout bien cacher les secrets, paraître, faire semblant, souffrir ... Cela juste après avoir trouvé un père pour mon enfant. Ce jeune homme effacé, assis près de moi, qui va devenir mon époux. Qui est devenu le père de ma fille. Et qui sera le père de mes deux autres filles. Et que je n’aime pas. Que je n’aimerai jamais. 

    C’est lui que je désire, je suis en colère, je lui en veux, je l’idolâtre et le déteste en même temps de me faire vivre ça ! 

    À quoi peut-il donc penser, assis là, le regard fuyant, quelques minutes avant la cérémonie ... ? 

     

    Dorothée (30.04.2018)

     

    Photo : Bratsk, Siberia 1967, Elliott Erwitt.

     


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  •  

    C’est quelques années plus tard que je reviens sur mon texte du 27 juillet 2014 ... les années ont passé, les choses ont changé. Je suis revenue vers ma mère ... mais ce fut long. 

    Après l’écriture de cette lettre je ressentais beaucoup de colère ! J’étais enragée au fond de moi, j’avais beaucoup de larmes en suspens. Puis, plus tard, des mois plus tard, je me suis posé la vraie question : qu’est ce que je voulais, au plus profond de moi ? 

    Je savais. Je voulais la paix, plus de rancunes, ne plus rester prisonnière de ce lourd et pesant passé. Alors j’ai repris les choses en main, je suis allée faire une séance d’EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) chez une hypnothérapeute. Ce fut long et douloureux ... j’en fus même malade quelques jours. 

    La thérapeute a terminé la séance en me disant que j’étais libre de choisir, que je ne devais rien à mes parents, moi qui me suis toujours débrouillée toute seule, mais que si leur pardonner m’apaisait, je le pouvais aussi. 

    Entre temps j’avais eu beaucoup d’échanges de sms avec mon beau-père. Car je n’ai pas été capable d’aborder le sujet de vive voix (je n’en suis toujours pas capable !). Il a reconnu ce qu’il m’avait fait, tout. Et il s’est excusé. Il s’est excusé bordel ! Car dans le fond c’était bien là tout ce que je lui demandai, de reconnaître ses actes et de s’excuser. 

    Je lui ai pardonné ... et ça m’a soulagée. J’ai, curieusement, toujours quelque rancune contre ma mère, qui n’a pas joué son rôle de mère. 

    Mais nous nous revoyons. Je suis plus apaisée, elle essaie de faire des efforts, mais n’y parvient pas toujours. Lui se fait vieillissant (81 ans), moins actif, malade, ça le tracasse. Et moi j’ai de l’empathie pour lui, je me reconnais bien là !

    Je suis contente aujourd’hui d’avoir écrit ce texte. D’avoir pardonné. L’âme en paix. 

    Car le pardon est possible. 

     

    Dorothée (02.03.2018) 

     
     
    P.S : je ne signerai plus Madame Rêve, elle appartient au passé ... 
     

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