• "J'ai lâché le téléphone comme ça
    En ce beau matin d'automne pas froid
    Ça ressemblait à l'été sauf que tu n'y étais pas
    Puis j'ai regardé le ciel d'en bas
    Indécis, voulais-je y monter ou pas ?
    Mais savais que j'étais fait, que j'étais fait comme un rat
     
    Comment est ta peine ?
    La mienne est comme ça
    Faut pas qu'on s'entraîne
    À toucher le bas
    Il faudrait qu'on apprenne
    À vivre avec ça
    Comment est ta peine ?
    La mienne s'en vient, s'en va
    S'en vient, s'en va
     
    J'ai posé le téléphone comme ça
    J'peux jurer avoir entendu le glas
    J'aurais dû te libérer avant que tu me libères, moi
    J'ai fait le bilan carbone trois fois
    Tu parlais de ta daronne sur un ton qu'tu n'aimerais pas
    Tu ne le sauras jamais car tu ne l'écoutes pas
     
    Comment est ta peine ?
    La mienne est comme ça
    Faut pas qu'on s'entraîne
    À toucher le bas
    Il faudrait qu'on apprenne
    À vivre avec ça
    Comment est ta peine  ?
    La mienne s'en vient, s'en va
    La mienne s'en vient, s'en va
     
    Dis, comment sont tes nuits
    Et combien as-tu gardé de nos amis ?
    Comment est ta peine ?
    Est-ce qu'elle te susurre de voler de nuit ?
    Comment va ta vie ?
    Comment va ta vie ?
    La mienne comme ça comme ci
     
    Comment est ta peine ?
    La mienne est comme ça
    Faut pas qu'on s'entraîne
    À toucher le bas
    Il faudrait qu'on apprenne
    À vivre avec ça
    Comment est ma peine ?
    La mienne s'en vient, s'en va
    S'en vient, s'en va, s'en vient, s'en va."
     
    Benjamin Biolay

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  • J'aime...

    Lettre infinie

    Sur l'envers de l'enveloppe est inscrit
    Tout en bas écrit en tout petit (majuscules voyelles et discrètes)
    J'ai fait une drôle de tête un drôle de soupir
    En la retournant de l'autre côté
    Un nouveau message à décrypter (mets-lui des ailes c'est une déesse)
    À cet instant fébrile j'ai ouvert et c'est là que j'ai découvert Est-ce l'être infini qui me l'écrit
    La lettre infinie que je relis ? (Lettre infinie, infinie)
    Infiniment et pour la vie
    À l'être infini que je suis (lettre infinie)
    (Lettre infinie, infinie)
    C'est bien parce que ta bouche a une fausse note
    Que c'est la perfection divine (lettre infinie, infinie)
    Pourquoi dans l'art c'est toujours quand ça frotte
    Quand ça trébuche que l'on s'incline (lettre infinie, infinie)
    Voilà soudain à quoi j'ai pensé
    Devant cette lettre immaculée
    Est-ce l'être infini qui me l'écrit
    La lettre infinie que je relis ? (Lettre infinie, infinie)
    Infiniment et pour la vie
    À l'être infini que je suis (lettre infinie)
    Une lettre dans la lettre en quelque sorte (lettre infinie, infinie)
    Une page blanche avec au beau milieu un simple M
    Une simple lettre celle de l'amour avec des ailes (lettre infinie)
    Sans un mot tout est dit infiniment et pour la vie
    (Lettre infinie, infinie)
    (Lettre infinie)
    Est-ce l'être infini qui me l'écrit
    La lettre infinie que je relis ? (Lettre infinie, infinie)
    Infiniment et pour la vie
    À l'être infini que je suis
    Je t'aime à l'infini
     
    M
     
     

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  • Auto contrainte : photo diabolo menthe (Grasse, juillet 2018)

    Diabolo menthe

    Quand je bois un diabolo menthe, bien frais, bien sucré, je songe tout de suite à la chanson d’Yves Simon. Au film aussi bien évidemment, que j’ai tant aimé. Mais pour moi le diabolo menthe c’est Yves Simon, et petite Anne.

    Ça fait longtemps que je l’aime, ce cher Yves. Ça a commencé adolescente. Une de mes tantes m’avait fait écouter un de ses albums. J’ai aimé ses textes, tout de suite. Puis je me suis procuré les autres albums sur cassettes. Je connaissais les paroles par cœur.

    J’ai commencé à lire ses romans. « L’amour dans l’âme » m’a marquée, enchantée. Mais c’est surtout « Océans » qui restera dans ma mémoire. Si beau, si bouleversant.

    Vers seize dix-sept ans j’ai commencé à lui écrire. De longues lettres, auxquelles il répondait. Groupie heureuse. Il m’envoyait des cartes postales du Japon, pays qu’il idolâtre. Était illisible mais me faisait du bien, dans mon adolescence oppressée et étouffante. Parfois des lettres plus longues. Je lui ai même un jour adressé un de mes journal intime. Qu’il a reçu comme un beau cadeau. De la lumière dans ma vie de (très) jeune femme.

    Quand je suis venue vivre à Paris à 20 ans, je suis allée au salon du livre de la Porte de Versailles uniquement pour le rencontrer. Ce fut beau. Un homme qui vous comprend et vous reconnaît, alors qu’il ne vous a jamais vu. Nous n’avons alors pas eu besoin de beaucoup de paroles.

    Il ne chante plus maintenant. Les gens font des reprises. Je l’aime toujours autant. Vieille midinette ! Et lorsque je m’attable à une terrasse l’été, comme ici à Grasse en juillet dernier, je commande un diabolo menthe et je pense à Yves Simon.

    Dorothée (21 septembre 2018)

    Oulimots, partie 25 (samedi 22 septembre 2018)


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  •  

    Contrainte : gauche, symphonie, canapé, sans fard, honte, castrer, fidèle, bande, ventre.

     

     

    Elle s'éveilla avec un mal de crâne épouvantable ; se leva du pied gauche. Non sans difficulté elle quitta son fidèle canapé (mais pourquoi diable avait-elle dormi là?!) et se dirigea vers la salle de bain.

     

    En se levant, elle constata que son ventre était couvert de bandes, et ça sentait l'essence de térébinthe. Elle fut horrifiée, morte de honte car elle était incapable de se souvenir de ce qui s'était passé la veille !

     

    Elle voulait crier, trouver des réponses, mais aucun son ne sortait de sa bouche. Comme si elle avait été castrée des cordes vocales !

     

    Du rez-de-chaussée montait une musique grandiloquente, une sorte de symphonie tonitruante qui commençait à lui vriller les tympans ! C'est sûr, elle n'était pas seule dans la maison !

     

    Elle dévala les escaliers, s'enfuit comme une voleuse, nu pieds, sans fard, en pyjama, elle d'ordinaire toujours bien apprêtée !

     

    Et elle courut, courut... sans savoir où elle allait !

     

     

     

    Dorothée (17 septembre 2018)

     


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  •  

    Contrainte : montgolfière, lama, évader, aube, jaune, silence, humble, embellie, jouir.

     

     

     

    En Bolivie.

     

     

     

    S'évader.

     

     

     

    Aube jaune.

     

     

     

    Jouir du silence du petit matin.

     

     

     

    Prendre de la hauteur. Montgolfière.

     

     

     

    Retrouver sa position humble d'humain.

     

     

     

    Apprécier le paysage. Montagnes. Lamas qui disparaissent, petit à petit.

     

     

     

    Embellie du jour, élève mon esprit !

     

     

     

    Dorothée (16 septembre 2018)

     


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