• Lettre ouverte à ma mère.

    Ou pourquoi je vais (enfin) cesser de venir te voir.

     

    Quand j'étais enfant, je te chérissais, t'idolâtrais. Tu représentais tout pour moi. Et puis, vers l'âge de 8 ans, tu as tout cassé.

    Maman je te dis au revoir pour cette enfance brisée, humiliée, triste et épuisante aussi.

    Je fais aujourd'hui ce que j'aurais du faire il y a 20 ans, quand j'ai quitté la maison.

    Je m'en vais à cause de toi, aujourd'hui. Ton caractère épouvantable quand les filles et moi venons chez toi en vacances. Tes sautes d'humeur, ta hargne (contre qui ?), tes remarques déplacées, ton côté «je suis une vistime» permanent … Et tout le reste (la mauvaise éducation de mes filles, ah ah ah !)

    Je pars, surtout, à cause de lui, tu le sais bien. Cet homme, ce beau-père qui m'a touchée tous les jours de ma vie du début de l'adolescence jusqu'à mon départ. Cet homme contre qui tu ne m'as pas protégée, parce que, m'as tu dit quand je t'en ai parlé à l'âge de 24 ans, tu n'as jamais rien vu. Rien vu ?! Comment est-ce possible ? Du jour où il s'est installé avec nous, nous n'avons plus existé à tes yeux, il n'y en avait plus que pour lui …

    Tu m'as dit m'avoir crue quand je t'ai raconté, en détails, les attouchements, les humiliations, les gestes déplacés. Et pourtant, tu es toujours avec lui !! Oui oui, tu vis avec lui ! Quelle maman, en apprenant ça, serait restée avec un monstre pareil ?

    J'avais décidé pendant ma dernière thérapie, de continuer à te voir (et tu n'as pas su faire en sorte que ça dure, tu vois), malgré tout, car on a une seule maman. Avec lui on fait comme si rien n'était arrivé (et moi, bêtement, j'attends toujours qu'il s'excuse, ce qu'il ne fera jamais, car je suis bien incapable de lui en parler) …

    T'en prendre à ma fille hier, l'insulter même, ont eu raison de cette décision. Je ne te pardonnerai pas.

    Des vacances passées dans le stress ne sont pas des vacances. Je n'en peux plus …

    Et puis, enfin, je vais faire du bien à mes oreilles, ne plus entendre les propos fachos de ton connard de mari, qui n'aime personne, critique tout, tout le temps, tout le monde. Quelle bouffée d'oxygène cela va être ! Et toi qui le soutiens, tout en te disputant sans cesse avec lui (comment peut-on vivre comme cela ?) …

    Voilà maman, je m'en vais, on se reverra sans doute sûrement pour une occasion ou une autre, mais pas chez toi.

    Car c'est assez difficile, et triste à dire, mais je crois que je ne t'aime pas. Et ça me fait beaucoup de peine d'en être arrivée à cette conclusion.

    J'ai encore beaucoup de choses à vivre, sereine et sans regret.

     

    Dorothée (27.07.2014)

    - alias Madame Rêve -  

     


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